Kenya : la justice suspend l’ouverture d’un centre américain d’isolement pour les cas à risque d’Ebola

L’ouverture d’un centre d’isolement financé par les États-Unis au Kenya pour accueillir des ressortissants américains susceptibles de développer le virus Ebola a été suspendue à la suite d’une décision de justice rendue vendredi.

Prévu sur la base aérienne de Laikipia, le site devait entrer en service dès cette semaine. Toutefois, la Haute Cour de Nairobi a ordonné l’arrêt temporaire du projet après avoir été saisie par deux organisations de la société civile, l’Institut Katiba et la Kenya Law Society.

Les requérants dénoncent l’absence de consultation publique autour de cette initiative ainsi que les risques sanitaires qu’elle pourrait engendrer. Ils accusent également les autorités kényanes d’avoir mené les discussions avec Washington sans transparence ni information préalable des citoyens.

Cette controverse intervient alors qu’un responsable américain a assuré que les États-Unis avaient obtenu l’accord des autorités kényanes avant le lancement du projet. De son côté, le gouvernement du Kenya a confirmé l’existence d’échanges avec Washington sur le renforcement des mesures de prévention contre Ebola, sans toutefois évoquer officiellement la création d’un centre spécialisé.

L’annonce du projet a suscité de nombreuses réactions et inquiétudes au sein de l’opinion publique kényane, notamment en raison des craintes liées à une éventuelle propagation du virus et aux capacités du pays à gérer une telle installation.

Selon les informations disponibles, le centre devait être administré par des médecins et techniciens américains actuellement en route vers le Kenya. Washington prévoit également de mobiliser 13,5 millions de dollars pour soutenir les efforts de prévention et de lutte contre Ebola dans le pays.

Interrogé sur les raisons pour lesquelles ces patients ne seraient pas transférés vers les États-Unis, où des infrastructures adaptées existent déjà, un responsable américain a expliqué que le choix du Kenya permettrait de réduire considérablement les délais de transport et de prise en charge.

La Haute Cour de Nairobi doit examiner le fond du dossier et rendre sa décision mardi prochain.

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