
Le Sénégal est en deuil après le décès du professeur Moustapha Kassé, survenu ce lundi à Dakar à l’âge de 85 ans. Éminent économiste et Doyen honoraire de la Faculté des sciences économiques et de gestion (FASEG) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, il laisse derrière lui un héritage scientifique et intellectuel considérable.
Premier doyen de la FASEG, le professeur Kassé est considéré comme l’une des grandes figures de l’enseignement supérieur et de la pensée économique en Afrique. L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Université Cheikh Anta Diop de Dakar) lui a rendu hommage en saluant « l’une des figures les plus marquantes de l’enseignement supérieur et de la pensée économique en Afrique ».
Agrégé en sciences économiques parmi les premiers du CAMES, il a consacré près de cinquante ans à l’enseignement, à la recherche et à la formation de générations d’étudiants et de chercheurs. Ses travaux ont profondément marqué la réflexion sur le développement économique africain, notamment sur la mobilisation des ressources internes, le franc CFA, l’industrialisation, l’agriculture et les politiques monétaires.
Au cours de sa carrière, il a occupé plusieurs responsabilités académiques et institutionnelles importantes, notamment à la tête de la Conférence des institutions d’enseignement et de recherche en Afrique (CIEREA) et du Programme de troisième cycle interuniversitaire (PTCI). Il a également été ministre conseiller spécial chargé du NEPAD auprès de la présidence du Sénégal.
Même après sa retraite en 2005, Moustapha Kassé est resté une référence dans les débats économiques et scientifiques en Afrique. Membre de plusieurs académies, dont l’Académie nationale des Sciences et Techniques du Sénégal et l’Académie Hassan II du Maroc, il a continué à contribuer au rayonnement intellectuel du continent.
Né en 1941 à Kassé Khelcom, dans la région de Kébémer, il s’était très tôt engagé dans la vie politique, notamment au sein du Parti africain de l’indépendance (PAI). Son parcours, marqué par des périodes d’exclusion et de résilience, l’a conduit à poursuivre ses études en Algérie avant de revenir au Sénégal, où il s’impose comme une référence de l’économie du développement.
Auteur de nombreux ouvrages sur la croissance, la mondialisation et l’industrialisation de l’Afrique, il a formé et inspiré plusieurs générations d’universitaires et de décideurs. En 2022, la FASEG lui avait d’ailleurs rendu hommage à travers un ouvrage collectif saluant son apport exceptionnel aux sciences économiques.
Dans un communiqué, l’UCAD a présenté ses condoléances à sa famille et à la communauté universitaire, rendant hommage à « un bâtisseur, un maître et un intellectuel dont l’héritage restera durablement inscrit dans l’histoire de l’enseignement supérieur africain ».
