
La série télévisée Une femme à Kosyam a été officiellement lancée mardi soir au Ciné Burkina, marquant le début de sa diffusion en salle. Jusqu’au 14 juin, le public pourra découvrir cette œuvre qui mêle fiction politique, enjeux économiques et réflexion sur la souveraineté des ressources naturelles.
Réalisée par Serge Armel Sawadogo, la série raconte l’histoire de Suzanne, une femme d’affaires de 50 ans qui accède à la magistrature suprême en devenant la première présidente du pays. Son mandat est rapidement confronté à un défi majeur après la découverte d’un important gisement pétrolier, ouvrant un débat sur la gestion des ressources nationales face aux intérêts des multinationales.
Pour son réalisateur, l’œuvre dépasse le simple cadre du divertissement. Elle se veut une réflexion sur la manière dont les pays africains peuvent préserver leur souveraineté économique et mieux valoriser leurs richesses naturelles. Si la place des femmes dans les sphères du pouvoir constitue l’un des thèmes centraux du récit, la question de la maîtrise des ressources nationales reste au cœur de l’intrigue.
L’acteur Prosper Kampaoré, qui interprète le père de la présidente, a salué la qualité du scénario et la pertinence des thématiques abordées, estimant que l’histoire fait écho à des réalités bien connues dans plusieurs pays africains.
Le projet bénéficie également du soutien du Ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme du Burkina Faso. Représentant le département, Jean-Baptiste Ouédraogo a souligné l’importance du développement d’un marché local du cinéma afin de renforcer l’autonomie économique du secteur culturel burkinabè.
De son côté, Georgette Paré, qui incarne la présidente Suzanne, a évoqué la portée symbolique de son personnage. Selon elle, ce rôle constitue une occasion de mettre en lumière les défis liés à la représentation des femmes dans les instances de décision et de porter un message d’émancipation.
Présentée dans une version cinéma de 1h20, la série sera projetée au Ciné Burkina jusqu’au 14 juin avec plusieurs séances quotidiennes. Des discussions seraient également en cours en vue d’une diffusion future sur la Radiodiffusion-Télévision du Burkina.
À travers cette production, Serge Armel Sawadogo et son équipe espèrent contribuer à la relance de la fréquentation des salles de cinéma tout en proposant des récits ancrés dans les réalités sociales, politiques et économiques du Burkina Faso.
