Belgique : le gouvernement De Wever face à un défi budgétaire de 7 milliards d’euros

Le gouvernement fédéral belge a entamé ses travaux budgétaires avec un objectif ambitieux : trouver près de 7 milliards d’euros d’économies afin de redresser les finances publiques. Toutefois, plusieurs membres de la coalition estiment qu’il ne faut pas se fixer à tout prix l’échéance du 21 juillet pour parvenir à un accord.

À leur arrivée au comité ministériel restreint, les vice-Premiers ministres Maxime Prévot (Les Engagés) et Vincent Van Peteghem (CD&V) ont plaidé pour une approche pragmatique, privilégiant la qualité de l’accord à la rapidité des négociations.

Selon le ministre du Budget, Vincent Van Peteghem, les dernières estimations font état d’un effort structurel d’environ 7 milliards d’euros. Avant d’entrer dans le détail des mesures, l’exécutif attend toutefois les conclusions du comité de monitoring, chargé d’évaluer précisément la situation des finances publiques.

Si le Premier ministre Bart De Wever souhaite parvenir à un accord avant le début de la trêve estivale, le 21 juillet, plusieurs partenaires de la majorité rappellent que la véritable échéance demeure la mi-octobre, date à laquelle la Belgique devra transmettre son projet budgétaire à la Commission européenne.

« Le 21 juillet serait une date idéale, mais ce n’est pas une limite absolue », a souligné Vincent Van Peteghem, estimant que l’essentiel reste d’aboutir à un accord solide et durable.

Même son de cloche du côté de Maxime Prévot, qui juge préférable de prendre le temps nécessaire pour élaborer « un bon accord » face à l’ampleur des ajustements à réaliser.

Les discussions s’annoncent particulièrement délicates. Plusieurs mesures budgétaires déjà adoptées ont suscité des débats au sein de la coalition, notamment la question de la TVA sur certains produits ou encore le plafonnement de l’indexation des salaires et des pensions, récemment approuvé dans le cadre de la loi-programme.

Le CD&V et le MR souhaitent désormais examiner une proposition alternative élaborée par les partenaires sociaux concernant cette dernière mesure. Les Engagés se disent ouverts à cette option, à condition qu’elle produise un impact budgétaire équivalent.

Face à l’ampleur du défi, le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a proposé la tenue d’un conclave réunissant les présidents des partis de la majorité, à l’image de celui qui avait permis la formation du gouvernement en début d’année. Une idée qui ne fait toutefois pas l’unanimité. Le CD&V estime que la responsabilité de l’élaboration du budget relève avant tout du gouvernement.

Par ailleurs, le Bureau du Plan doit présenter lundi plusieurs pistes de redressement des finances publiques. Ces propositions alimenteront les groupes de travail mis en place par l’exécutif, dont les premières conclusions sont attendues dès le 12 juin.

Le gouvernement De Wever entre ainsi dans un marathon budgétaire qui s’annonce déterminant pour la stabilité financière du pays et le respect des engagements européens de la Belgique.

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